Formé à Paris, par Jules Lefebvre (1836-1911) et Tony
Robert-Fleury (1837-1912) à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris
de 1898 à 1904, Rodolphe Fornerod fréquenta aussi l’Académie
Julian. Dès 1905, il exposa au Salon des Indépendants et au Salon
d’Automne, mais aussi en 1908 au Salon de La Libre Esthétique
de Bruxelles.
Grâce à un voyage en Espagne décisif sur l’orientation de sa
carrière, il découvrit Le Gréco et Goya qui allaient durablement
influencer sa manière et son imaginaire notamment dans ses
portraits. En effet, notre portrait interprète avec originalité la
leçon espagnole : du Greco, Fornerod reprend l’allure
hiératique, les formes précises et fortes et les volumes
longilignes de ses personnages ; de Goya, il retient le goût de la
couleur mais aussi du noir profond, tranchant sur le fond aux
coloris élaborés, qui rappelle l’austérité espagnole.
Cependant, si l’œuvre rare de Fornerod peut se
rattacher à ces maîtres espagnols, la pose de biais, le visage
précieux et féminin où la grandeur des yeux s’opposant à
l’étroitesse d’une bouche finement dessinée et le
détail de la rose sont caractéristiques de l’art élégant
raffiné et original du peintre suisse. Exposé au Salon de 1921 et
réalisé pour Monsieur et Madame d’Alignan, 61 avenue Victor
Hugo, Paris, ce tableau témoigne aussi des relations et des lieux
fréquentés par notre peintre : le paysage de l’arrière-plan
évoque la région du Vexin où Fornerod avait son atelier à
Epiais-Rhus, non loin de Grisy où habitait le modèle et son mari
que le peintre côtoyait.
La femme de Fornerod, d’origine espagnole
était très belle et elle a été modèle pour Picasso au
bateau-lavoir. Son père était sculpteur et habitait Mézières,
hameau de Vallangoujard.
Des collectionneurs ont commandité l’écriture d’un
livre sur sa vie. Lors de ses recherches, la personne en charge de
cette biographie est venue rencontrer des épiaisrhussiens en
2007.
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